L’homme mouillé | Sitting on a bench

poèmes | chansons

L’homme mouillé

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En regardant la mer sombre qui se retire
Dans ma poche une image un souvenir de toi
Qui m’attends

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C’est un visage dans un miroir
Une image presque transparente
Elle ne voit plus rien que cette absence d’elle-même ce moi disparu cette silhouette creuse ce sourire mort ce regard vide elle ne voit plus rien autour d’elle elle avance les yeux fermés et elle se heurte à tout elle voudrait se souvenir de ce poème perdu, le seul, elle ne sait plus
Il n’y a plus rien d’autre qu’une ombre au milieu d’autres ombres dont elle ne sait même plus si ce sont des gens ou des choses et moi je la regarde sombrer indifférente

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Un bras tendu vers le ciel
l’autre enfoncé dans la boue
mais où se porte le regard

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Le cœur brisé
Taillé comme un diamant
Qui brille

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Quatre murs blancs je dépéris j’ai soif j’ai faim et tout me heurte tout me fait mal la lumière au plafond jette un feu innocent sur mes pensées vacantes et l’œil béant de la fenêtre ouvre sur le ciel noir et l’ombre de la nuit
Sur le sol un matelas et sur le matelas moi où la couverture rêche mêle sa caresse étrange à celle des draps blancs – berceuse sortilège du vent froid sur ma joue
Tout est plein
Je suis vide

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Et dans la caresse profonde
D’un cœur ami
Je m’étends
Je me rends

Il ne faut pas avoir peur du noir

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Un objet brille dans la nuit
Une étoile
Un tesson de bouteille
Un rêve inassouvi
Et pas encore tout à fait mort

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On peut toujours caresser un tigre imaginaire en pensant qu’on ne sera pas mordu Ce tigre nous dévore bien plus cruellement que le vrai Il faut dompter ses rêves
Et dans l’ombre de mes nuits
Le tigre me garde de ses yeux d’or
Et le sourire aux lèvres
Ses griffes me protègent
Et qui s’approche sans rêve à la hauteur du mien
Est mort

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L’homme s’est avancé il a fait trois pas vers la mer et il s’est arrêté se souvenant soudain de quelque chose qu’il laissait qu’il avait failli oublier alors il s’est tenu là longtemps regardant la mer monter
la mer s’est retirée et lourd de ses vêtements mouillés l’homme est retourné chercher ce qu’il avait oublié on l’a revu plus tard tenant un enfant dans ses bras et lui montrant la mer avec un goût d’éternité

Sitting on a bench

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Puisque tu dis que tu voudrais m’offrir la lune sans ses reflets
Puisque tu dis que nos deux mains peuvent se croiser sans s’effleurer
Puisque tu dis que tu pourrais m’emmener loin sans voyager
Puisque tu dis que tu saurais croquer mon rire sans t’étrangler
Puisque tu dis que tu pourrais me faire pleurer sans m’attrister
Puisque tu dis que tu saurais boire mes paroles sans m’écouter
Puisque tu dis que tu perdrais la mémoire sans pourtant m’oublier
Puisque tu crois que je pourrais boire à la paille tes mots dorés

Alors chéri regarde le vent dans mes cheveux
Nouer des mèches dans un souffle amoureux
Et fais-le

Alors chéri regarde l’eau sous mes pieds
Tendrement engloutir la trace de mes pas
Et fais-le

Alors chéri regarde le soleil dans mes yeux
Moucheter mon iris d’étoiles noires passionnées
Et fais-le

Alors chéri regarde l’aubépine
Envoûter l’arbre dans son étreinte et s’y pendre
Et fais-le

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I’m lying on a roof
On a dark wednesday night
I’m looking for a proof
Of what I saw last night

Looking at the moon
I saw a little man
Stretching his arms
So far
His hands could touch
The stars

Looking at the moon
I heard the little man
Humming a sound
So sad
His voice became a drop
A tear

I’m lying on a roof
On a dark wednesday night
I’m looking for a proof
Of what I saw last night

And the little man sings
And the little man sings
And the little man
Sings
His lunar lullabye

And the little man sings
And the little man sings
And the little man
Sings
To the sélénites

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Marche marche marche sur les toits
Flirte flirte flirte avec la peur
Croque croque croque et mord la mort
Aux fesses qu’elle se sauve et file
File file du mauvais coton
Tisse ta toile et prends
Prends prends tes jambes à ton cou
De soie
Tire tire tire l’épingle du jeu
Moque moque le qu’en dira-t-on
Joue joue joue
Abaisse
Tes cartes
N’en garde aucune dans ta main
Juste un as dans une manche

Qui tire les ficelles
Et qui m’ensorcelle
Qui se joue de moi
Qui joue avec moi
De lumière et d’ombre
Tue d’un geste froid
Et honteux ravive
Un rêve évanoui

Prends-moi contre toi
Dansons un tango
Touche
Ose
Tente
Cherche cherche-toi dans moi
Vois vois vois l’infini
Désir
D’aimer
Ce qui est perdu
Et
Fonce
Dans le mur
Etroit d’une caresse
Qui cherche le coeur sans jamais
Jamais
Pouvoir le toucher et pourtant l’atteindre
Marche marche marche sur un fil
Sombre
Dans le vide
Vers la rampe
Etincelante

Qui tire les ficelles
Et qui m’ensorcelle
Qui se joue de moi
Qui joue avec moi
De lumière et d’ombre
Tue d’un geste froid
Et honteux ravive
Un rêve évanoui

Marche marche marche sur les toits
Flirte flirte flirte avec la peur
Croque croque croque et mord la mort
Aux fesses qu’elle se sauve et file
File file du mauvais coton
Tisse ta toile et prends
Prends prends tes jambes à ton cou
De soie
Tire tire tire l’épingle du jeu
Moque moque le qu’en dira-t-on
Joue joue joue
Abaisse
Tes cartes
N’en garde aucune dans ta main
Juste un as dans une manche

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The cold softness of your smile
The vague pallor of the snow
The growing dark stain of my blood
Mix and mingle in the dawn
You bit me, I’m dying

You made me come
You laid me down
You made me fall
You bit me, I’m dying

Now here I lie
Without my gloss
And I can cry
The waste and loss
For this will be
My red carpet
I’ll never have
Cocktails in a corvette

You made me come
You laid me down
You made me fall
You bit me, I’m dying

And while you drink
My best hours
The moonlights glow
On the red ink
A whisper to the snow
Take it it’s all yours
Cheers

You made me come
You laid me down
You made me fall
You bit me, I’m dying

But of my blood
I’ll hold one drop
And I whisper
A prayer to the snow
That when she melts
This one-drop falls
And makes the rocks
Shine – or maybe break

You made me come
You laid me down
You made me fall
You bit me, I’m dying

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Sitting on a bench
Waiting for me maybe
Walking in a trench
Looking for a memory

Whispering a sound
Calling my name maybe
Not touching the ground
Living in a fantasy

As the wind plays around
With dancing figures turning grey
I fade away

Staring at the ground
Hoping for a sign of me
Minding not the night
Day dreaming shades of me

Stepping out of sight
Running for me maybe
Standing on the side
Wondering why you miss me

But the wind blurs away
The fragile outline of a face
And I fade away

Sitting on a bench
Waiting for me maybe
Walking in a trench
Looking for a memory

Whispering a sound
Calling my name maybe
Not touching the ground
Living in a fantasy

And the wind blows away
The ending image of a smile
And I fade away

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